|
|
|||
|
|||
Jean-Marie Masson, Maire de Saint-Aubin-lès-Elbeuf, Seine-Maritime
«En matière de voirie et d'urbanisme, nous sommes un véritable laboratoire très ouvert sur l'extérieur ». INTEROUTE&VILLE : Que représente la voirie pour votre commune ? J-M M. : Les interactions en matière de voirie se font uniquement avec le département sur route départementale, ce dernier prend en charge les coûts d'entretien ; tandis que les aménagements de sécurité le sont avec un financement croisé de la ville qui en assure, en général, le maître d'ouvrage. Pour les autres voies, la ville peut bénéficier de subventions spécifiques du Département.
I&V : Comment faites-vous ? J-M M.. : Auparavant nous nous appuyions sur les services de l'Équipement. A présent, nous faisons appel à des bureaux d'études qui nous aident à traiter les questions relatives aux aménagements paysagers, routiers ou encore à réfléchir sur les modes de déplacements. Et pour assurer cette cohérence que j'évoquais plus haut, nous nous sommes attachés les services d'un urbaniste conseil. Nous sollicitons donc beaucoup les prestataires de services externes et n'avons pas de régie. Quel intérêt de posséder des services internes ? Un architecte isolé ne se « ressource » pas en terme d'idée et des équipes techniques locales spécialisées ont un périmètre d'activité trop restreint par rapport à un prestataire externe aux activités multiples qui sera ainsi plus performant.
J-M M. : Saint-Aubin est effectivement un « laboratoire » et ce, depuis plus de vingt ans. Nous avions par exemple passé un contrat avec l'école d'architecture de Rouen pour que les étudiants de dernière année repèrent dans la ville tout ce qui pouvait leur donner des idées et fassent ensuite des propositions. Cette démarche a ensuite donné lieu à des réalisations telles que les itinéraires piétons conçus pour délivrer un ressenti en termes de sécurité. Une nouvelle convention a d'ailleurs été signée. Autre exemple d'innovation, les mini-giratoires ont été inaugurés dans la commune il y a environ quinze ans, alors qu'ils étaient encore peu répandus en France. I&V : Et aujourd'hui que va-t-il sortir du « labo » Saint-Aubin ? J-M M. : Nous expérimentons depuis 2 ans, dans le cadre du chantier d'aménagement d'une zone habitable, la chaussée démontable. Nous testons ce nouveau concept - avec le suivi du LCPC - en y faisant notamment circuler des poids lourds jusqu'à la limite de rupture. L'étape suivante, en fonction des résultats obtenus, est de voir comment installer ce type de chaussée dans les secteurs urbains existants, là où sont concentrés différents types de réseaux. I&V : Quels sont vos objectifs avec l'utilisation de ce nouveau produit ? J-M M. : Cette expérimentation fait partie d'une vaste réflexion multidirectionnelle visant à trouver des solutions en matière d'optimisation des matériaux d'un site qu'il s'agisse de friche industrielle avec des terrains polluées ou d'intervention sur la voirie. Dans ce dernier cas, le problème c'est l'intervention répétée et non coordonnée de chaque concessionnaire de réseaux qui vient percer sa tranchée. Cela représente une nuisance pour les riverains et une gêne pour l'activité commerciale dans la commune. En outre, si l'on faisait la somme de toutes les interventions de ces concessionnaires, je suis persuadé que cela laisserait rêveur ! Là encore, comment mutualiser pour éviter de tels gaspillages ? La chaussée démontable constitue une partie de la réponse. Le reste relève d'une réflexion financière et juridique sur la gestion des galeries techniques.
J-M M. : Les villes ont toujours été amenées à prendre en compte beaucoup de paramètres dont la somme conduit au Grenelle de l'environnement. Mais aujourd'hui une ville doit aussi faire face à l'explosion des besoins sociaux. Il faut faire très attention à ce que les investissements en matière d'environnement soit bien compris et n'implique surtout pas une forte hausse des impôts locaux ou une baisse des aides sociales, des mouvements qui seraient très mal perçus par les citoyens. Il faut faire mieux sans que cela coûte plus. L’aspect humain doit, dans mes convictions, toujours être prépondérant par rapport à la technique, au juridique et au financier.
Lire aussi ...
|
|
||
|
|||